Vider l’océan avec une cuillère

J’ai eu quelques minutes pour me décider, puis j’ai dit OK. OK, mais j’aimerais qu’on m’aide, parce que j’ai pas les fonds nécessaires pour prendre en charge une famille de cinq chats. Alors voilà, la PoF héberge de nouveau une des p’tites poffes. Cinq petits êtres qui ont, eux aussi, frôlé la chambre à gaz. Est-ce que t’es au courant de l’hécatombe de pitous et minous qui a lieu annuellement au Québec? Un demi-million. Rien que dans notre belle province. Pour faire une comparaison, en France, où vivent 66 millions d’humains, on abandonne environ 100 000 animaux de compagnie sur une même période de temps. Oups. C’est gênant, non?

Le cas de cette famille de chats est extrêmement, tristement banal. Ils sont arrivés à la fourrière vendredi, et déjà le lendemain on planifiait de les tuer. Ce qu’on appelle fourrière est en fait un abattoir. T’as vu le reportage sur le Berger blanc? T’es scandalisée? C’est rien, ça. Y a pire, je te jure.

Il faut que les gens sachent qu’en confiant leur animal à une fourrière, leur espoir et leur naïveté n’auront aucun crisse d’impact sur les chances de survie de leur chéri « membre à part entière de la famille ». Dans la réalité plate, il a à peu près 20 % de chance[1] de sortir de là vivant. Et encore là, rien ne garantit qu’il va se retrouver dans un foyer digne de lui. Qu’il ne sera pas de nouveau abandonné. Ou pire encore.

Il faut qu’on se passe le mot : s’il vous plaît, faites stériliser vos animaux. Oui, même ceux qui ne vont pas dehors. Un accident est si vite arrivé.

Il y a un baby boom de chats en ce moment. Normalement, les fourrières et refuges sont pleins de chatons au début de l’été, mais en ce moment, ils doivent s’occuper d’un nombre anormalement élevé de chatons. Pourquoi? Je sais pas. Qu’est-ce qu’on peut faire? Prendre ses responsabilités. Et, parfois, celles des autres.

Je deviens donc responsable de ces chats, qui ont été jetés par d’autres, et je promets d’en prendre soin au meilleur de mes capacités, et de leur trouver des foyers où ils seront aimés, respectés et choyés.

Détails à venir, parce que je dois d’abord m’occuper d’enrayer les puces — la fourrière et l’hygiène, lol.

Les p'tites poffes se font aller les puces!

Les p’tites poffes se font aller les puces!

[1] Les statistiques fiables étant difficiles à trouver, ce chiffre est approximatif. À titre d’exemple, le Berger blanc a tué, en 2011, 80 % de ses animaux recueillis, soit 21 425 individus sur 26 782. Alors que certains refuges ne pratiquent que des euthanasies de compassion, certaines fourrières sont dans l’ « obligation » de tuer la majorité des animaux qu’ils reçoivent, faute de moyens financiers et de foyers disponibles. Et, bien que je considère que les fourrières devraient grandement améliorer leurs pratiques, je ne jette pas le blâme sur elles, qui ne se retrouvent en fait qu’à faire la sale job. http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/regional/montreal/archives/2012/04/20120401-093147.html