Plan de gestion de l’anxiété pour Mami

Jusqu’à présent, je n’ai eu que de bonnes nouvelles à vous transmettre des chats qui sont passés par la Fondation Po. Les adoptions sont réussies, et j’en suis très heureuse. Mais je savais que ça ne se passerait pas toujours parfaitement bien. Parce que chaque chat a sa personnalité propre, on ne peut s’attendre à ce que chaque processus d’adoption se déroule toujours comme on le souhaiterait. J’ai donc décidé de vous parler du cas de Mami, et pour deux raisons principales. D’abord, parce que je veux insister sur le fait que l’abandon d’un animal n’est jamais un acte anodin. Et je dis ça sans porter de jugement sur les causes, qu’elles soient pardonnables ou totalement superficielles. Je ne m’étalerai donc pas sur les raisons de l’abandon de Mami, mais plutôt sur les conséquences possibles d’un abandon.

Les chats sont des êtres sensibles qui ont des facultés d’adaptation hors du commun. C’est pas un hasard s’ils ont envahi la planète (et les internets). C’est des toffes. Ils peuvent survivre à bien des catastrophes. Mais qui dit survie ne dit pas nécessairement belle vie… Les changements affectent beaucoup les chats, particulièrement lorsque ça concerne leur précieux territoire. Ils aiment la routine, la stabilité. Mami est une chatte nerveuse, sensible. À sept ans, elle a dû changer de maison, d’humains, et de style de vie. Deux fois dans la même semaine. C’est beaucoup. Je ne connais pas les détails de son ancienne vie, mais autrefois, elle avait un libre accès à l’extérieur. Maintenant, elle vit dans un appartement, avec trois humains, dont un bambin, et son adaptation ne se passe pas aussi bien qu’on l’aurait souhaité, parce que Mami est une chatte anxieuse. Et c’est l’autre raison pour laquelle je te parle d’elle aujourd’hui : je veux partager avec toi, lectrice et amoureuse des chats, des conseils pour diminuer l’anxiété féline.

Je te rassure tout de suite : sa famille d’accueil en prend bien soin. Mami a des cachettes, et de si bonnes cachettes qu’elle ne s’est pas montré le bout du museau durant ses premiers jours de colocation. Et elle est tellement douée pour se cacher qu’elle a trouvé un trou pour se faufiler entre les murs de l’appartement, pour ensuite se retrouver à la cave. Et comme c’est une cave non aménagée, difficile d’accès, c’était à peu près impossible d’aller chercher Mami. On a dû avoir recours à une cage-trappe. Sans blague. La grosse affaire. Pour trapper un chat, il faut d’abord le désensibiliser à ladite cage. On enlève la porte, et on laisse de la nourriture dans la cage afin que le chat puisse aller y manger sans crainte. Une fois qu’on a remarqué que le chat fréquente la cage, on active la porte, mais seulement au moment où on sait qu’on pourra surveiller la cage-trappe. Parce que le chat ne doit pas rester enfermé là longtemps, ce serait paniquant pour lui. Et si on trappe à l’extérieur, comme c’est le cas la plupart du temps, on ne doit pas lui faire subir les intempéries.

 

Plan de gestion de l’anxiété pour Mami

  1. Essayer la formule Calm de Royal Canin. Elle contient des acides aminés et de la caséine hydrolysée (une protéine du lait), qui ont un effet calmant. Le supplément Zylkène a les mêmes propriétés, mais ça revient plus cher. Toutefois, ça peut être utile pour un chat qui doit manger une formule spéciale.
  2. Installer un diffuseur Feliway dans la pièce où elle passe le plus de temps. Feliway contient des phéromones synthétiques copiées sur les phéromones faciales du chat, qui ont des propriétés apaisantes.
  3. Garder son bac à litière et sa nourriture dans des lieux calmes, plus en retrait, et dans des endroits séparés l’un de l’autre. L’idée, c’est qu’elle puisse manger sans stress, et qu’elle ne se retienne pas d’aller à son bac parce qu’il est trop loin de sa cachette ou dans un lieu plus mouvementé. Aussi, il faut éviter de placer sa nourriture et son bol d’eau à côté du son bac à marde, pour des raisons évidentes.
  4. Installer des tablettes ou un arbre à chat pour qu’elle puisse mieux gérer et observer son territoire. Si Mami a une meilleure vue sur son territoire, ça va la rassurer, et les hauteurs lui fourniront des refuges. Les chats ont besoin d’avoir des lieux pour se retirer quand ils en sentent le besoin.
  5. Lui offrir l’occasion de vous voir dormir. Ça peut sembler creepy dit comme ça, mais si Mami peut vous observer la nuit, quand vous restez couchées et immobiles, ça va la rassurer. Laissez vos portes de chambre ouvertes!
  6. Passer du temps seule avec elle. Par exemple, rester avec elle une demi-heure par jour, idéalement toujours au même moment. Lui parler sur un ton rassurant, ne pas la fixer dans les yeux, présenter ta main pour qu’elle la sente. Moi, j’apportais mon portable et j’allais travailler dans sa chambre. Quand elle sortait du placard, je lui parlais (un p’tit « MAMI! » aigu, paraît qu’elle aime ça!), mais je restais assise. Dès qu’elle a osé s’approcher suffisamment, je lui ai gratté le cou et elle a tout de suite compris que c’était une bonne idée de venir me voir pour recevoir des caresses. Elle se roulait sur le dos en ronronnant. À son arrivée, elle grognait et restait cachée dans le garde-robe, alors c’est une bonne évolution!
  7. Jouer! Mami, comme tous les chats, est un prédateur. Les séances de jeu quotidiennes l’aideront à reproduire le comportement de chasse qui est naturel pour les félins, et elles auront un effet antidépresseur naturel sur elle. Tu te sens mieux quand tu fais du sport régulièrement? C’est pareil pour Mami! Tout comme les séances de caresses, les séances de jeu devraient s’inscrire dans une routine. Chaque jour, à peu près à la même heure, Mami pourrait poursuivre une gogosse attachée au bout d’un bâton. Au début, on peut y aller doucement, puis augmenter l’intensité en suivant le mood du chat, pour ensuite ralentir jusqu’à la fin de la séance.
Je connais peu de chats qui peuvent résister à l'attrait du fameux gogosse au boutte d'un bâton.

Je connais peu de chats qui peuvent résister à l’attrait de la fameuse gogosse au boutte d’un bâton.

Ce qui est malheureux, c’est que la famille d’accueil de Mami n’a pas le temps et l’énergie nécessaires pour bien la rééduquer. Mami a récemment commencé à uriner sur les jouets de l’enfant, et il semble que ce soit lié à son anxiété. On lui cherche donc un foyer adoptif qui est motivé à s’investir dans la rééducation de Mami. Nul besoin d’être un expert en comportement félin! Patience, douceur, désir d’apprendre, motivation, et bien sûr un peu de temps, devraient suffire à apaiser Mami. L’article d’Éduchateur au sujet des pipis et selles hors litière est d’ailleurs un incontournable.

Intéressé-e par le défi? Remplis le formulaire de demande d’adoption.

Merci à Sophie Lecompte, spécialiste en comportement félin chez Éduchateur, pour ses précieux conseils.

Est-ce un tarsier? Mais non, c'est Blais le chat inquiet!

Est-ce un tarsier? Mais non, c’est Blais le chat inquiet!