Six petits mogwaïs insatiables

Chère lectrice, je dois te mettre en garde. Le présent article contient des photos tellement quioutes que ça risque de faire mal. Te voilà prévenue.

Il y a environ deux semaines, Facebook m’a dit qu’une portée de chatons avait besoin d’être nourrie au biberon. J’ai proposé mon aide, puis je n’ai plus eu de nouvelles. J’en ai conclu que les chatons avaient été pris en charge par quelqu’un d’autre, ça arrive régulièrement. Puis, j’ai eu une réponse lundi dernier. On me mettait en communication avec Danielle, la dame qui s’est retrouvée avec six orphelins. Une histoire un peu triste…

La chatte de Danielle s’est retrouvée enceinte accidentellement, et il y a eu des complications lors de l’accouchement. Danielle a donc consulté un vétérinaire, mais elle n’avait pas du tout les moyens de payer les 2000 $ nécessaires pour soigner la chatte. La clinique a alors proposé à leur cliente un abandon volontaire, chose qui est, je crois, commune : lorsqu’un client est dans l’impossibilité de payer pour les soins de son animal, on lui offre de prendre en charge ce dernier pour ensuite le faire adopter. Ça implique que le client doive abandonner son animal pour toujours, souvent sans même avoir de ses nouvelles par la suite. Danielle a dû garder les six chatons, car les frais d’abandon (!) étaient trop élevés…

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Émilie-Lune a accepté d’aller chercher les chatons avec moi à Verdun. Elle m’aide souvent avec la PoF, entre autres pour aller chez le vétérinaire. Elle a sauvé beaucoup de chats dans sa vie, et c’est d’ailleurs elle qui a mis sur mon chemin la famille de démons. (C’est donc grâce à Émilie-Lune si je vis aujourd’hui avec Whitney et Frédéric-Démon, mes deux amours qui font grimper mon taux d’ocytocine, j’en suis sûre, alors je lui en serai éternellement reconnaissante. Et j’ai quand même eu le front de lui demander de l’aide, encore – et c’est loin, Verdun!) Ça paraît que Danielle et sa jeune fille ont bien pris soin de leurs chatons. Ils sont tout beaux et en pleine forme, et très bien socialisés. Ces p’tites poffes-là n’ont pas manqué d’amour, ça c’est sûr et certain. La fille de Danielle pleurait… Ça nous a brisé le cœur. Je savais pas trop quoi dire, et Émilie-Lune lui a demandé si ça lui ferait plaisir qu’on lui envoie des photos et des vidéos des chatons. Alors on va faire ça. C’est une promesse!

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Durant le chemin du retour, les chatons ont fait une petite bouse dans leur transporteur. Impossible d’ouvrir la fenêtre, c’était l’une des plus froides nuits de l’hiver. On en avait pour encore un bon 20 minutes avant d’arriver, et déjà, ça goûtait le caca dans mon nez. Eeew. Mais penses-tu que ça m’a découragée? Pantoute. Je savais que je ramenais chez moi six petits paquets de troubles. Mais c’est un peu pire que je pensais.

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Avoue que tu n’as jamais vu un p’tit crotté aussi adorable.

Faut dire que c’est la première fois que je prends soin de chatons aussi jeunes. À leur arrivée au Manoir Po, les démons et les barbajoues étaient déjà en mesure de manger des croquettes. Mes petits mogwaïs, eux, boudent les croquettes de luxe ramollies dans le lait. Sont pas encore rendus là. Par contre, les plus braves apprécient les céréales pour bébés. Ils semblent en santé, ils sont vigoureux. Quand j’entre dans leur chambre avec les seringues de lait, ils me grimpent le long des jambes, parfois même jusque dans mon cou quand mes deux mains sont occupées. Petites griffes de perruche, ouch. Le plus dur, c’est de les garder propres. Le moins sales possible, devrais-je dire. Quand ils boivent, ils s’en mettent partout dans la face, sur les pattes avant, et quand ils vont à la litière, ils en ressortent avec des granules et du caca aux fesses. Je les nettoie avec des serviettes tièdes, mais j’arrive pas à les rendre aussi fluffy que dans une pub de papier de toilette. Bref, ça se passe pas exactement comme avec une maman chatte. En plus de pouvoir faire la toilette de ses petits pendant l’allaitement, la chatte dispose – généralement – d’assez de mamelles pour nourrir toute la famille en même temps. Moi, quand je nourris un chaton, je suis prise d’assaut par cinq autres affamés. Et je te jure que ça n’a pas le sens de la politesse, un chaton. Danielle m’expliquait qu’elle les nourrissait en les plaçant sur sa poitrine, mais j’arrive pas à faire pareil. Je pense que ma technique n’est pas encore au point. Je devrais en prendre un à la fois et l’emmener dans une autre pièce pour le nourrir, quitte à faire peur à mes démons. Parce que oui, mes tendres démons, ceux dont je vante à tous la grande sociabilité – « ils sont si accueillants et aimants! » –, eh bien ils sont effrayés par ces minuscules mogwaïs qui peinent à faire cinq pas en ligne droite sans se planter. Ouan…

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Et avoue que tu n’as jamais vu une face de nono aussi mignonne.

Janine Suppo, elle s’en sacre un peu beaucoup. Mais Démon, il observe les mogwaïs de loin en grognant un peu, et si l’un d’eux ose s’approcher, il crache. Mais il tient à les garder sous sa surveillance. Ne pas perdre de vue l’ennemi. Il n’est aucunement agressif, il a simplement peur. Gros nono. Whitney, elle, les regarde avec sa face de tarsier. Je pense qu’ils n’ont pas encore compris que ces petites bêtes appartiennent à la même espèce qu’eux. Je vais donc utiliser la tactique de l’échange de phéromones pour accélérer l’acceptation des mogwaïs par les démons.

Whitney semble un peu incommodée par les petits mogwaïs.

Whitney semble un peu incommodée par les petits mogwaïs.

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On peut la comprendre. T’as vu cette face terrifiante? Fais de beaux rêves.

Mais avant, je dois les nourrir. Oui, je les nourris après minuit. Watch out ce que ça va donner.

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PS : Demain, je te donne des nouvelles de Mami et je t’explique pourquoi ça m’a coûté 562 $ quand je suis allée à la clinique pour la faire vacciner.