Monsieur Gnou aura-t-il un dentier en or?

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Je pense que Frédéric-Démon expliquait à Monsieur Gnou que c’est son spot de soleil.

 

Ce matin, Monsieur Gnou aura enfin droit aux soins dentaires qu’il mérite. Toutes ses vilaines dents seront extraites, et ça fera du bien à ses gencives endolories (et il va peut-être enfin cesser de me quémander des paparmanes pour masquer son haleine de boite de thon). S’il reçoit ces soins aujourd’hui, c’est grâce à l’aide de nos généreuses donatrices. On a récolté un total de 1348,14 $, c’est incroyable! Je ne sais pas si vous me permettez de divulguer vos noms, alors j’irai seulement avec l’initiale du prénom. Milles mercis et mille broulx à H., V., S., F., C., M., S. et M.-È.

Je me dois aussi de souligner l’apport considérable d’un donateur anonyme. Lorsque j’ai lu le message que la clinique m’a envoyé, j’avais un peu envie de pleurer. Le chat du monsieur est mort, alors il a décidé de donner l’argent économisé à Monsieur Gnou, soit la somme de 1000 $. J’étais super émue, et j’aurais voulu lui laisser une carte à la clinique, mais c’est un vrai de vrai anonyme super ninja, alors je vais le remercier ici :

Je vous offre d’abord mes condoléances pour votre chat. J’ai perdu plusieurs ami·es (humains et non humains) au cours des dernières années, et je pense souvent à eux, et je les chéris. Et je trouve que c’est un geste non seulement généreux, mais aussi plein d’espoir, que d’honorer votre chat en donnant à Monsieur Gnou et la Fondation Po. Ce dernier n’a pas eu la vie facile, mais il est aujourd’hui très chanceux de pouvoir compter sur votre aide. Merci infiniment, Anonyme.

Maintenant, je vais attendre impatiemment le coup de fil de la clinique qui me confirme que tout va bien et qu’on peut aller chercher Monsieur Gnou. Il sera pas content de faire un autre tour de vaisseau spatial, mais ce sera très bref et il pourra ensuite retrouver ses affaires. 

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« Nope. »

Qui veut de Monsieur Gnou? Et qui veut de la Fondation Po?

Monsieur Gnou a été recueilli par la Fondation Po en juillet 2017 après avoir été secouru par des humaines dévouées. J’ai voulu l’adopter, et j’ai essayé fort de l’intégrer au Manoir Po, mais sans succès : Whitney n’a toujours pas quitté son rôle de bully, et j’ai beaucoup trop peur qu’il y ait des blessures sérieuses ou qu’elle contracte le FIV. J’ai dû me résoudre à le remettre en adoption afin de lui permettre de vivre dans un environnement sécuritaire et apaisant. 

Absolument toutes les personnes qui l’ont rencontré ou qui le côtoient régulièrement sont d’avis qu’il est extra. Chaleureux, doux, joueur, sympathique, attachant : tout le monde veut l’adopter. Mais il semble que personne ne puisse l’adopter. Elles sont déjà saturées de chats, elles ne peuvent s’engager à adopter un chat à la santé précaire, ou encore le coloc est allergique. Pourtant, je suis certaine qu’il existe des tas de gens qui veulent et qui peuvent adopter Monsieur Gnou. Pour que ce match soit possible, il faut que ces gens connaissent l’existence de ce chat incroyablement gentil. 

Merci de faire circuler sa fiche d’adoption et de parler de lui autour de vous!

Merci également de m’aider à couvrir ses soins médicaux. J’ai payé son arthroplastie en janvier 2018 et je fournis nourriture et litière, mais si j’ai créé cette fondation, c’est pour ne pas être seule à aider les animaux dans le besoin.

Ça fera bientôt 5 ans que la Fondation Po existe, et je n’ai toujours pas pris le temps de l’enregistrer en tant qu’organisme. À l’époque, j’avais pas une cenne, mais beaucoup de temps. Aujourd’hui, je n’ai pratiquement plus de temps libre, et si j’ai plus d’argent qu’avant, ça paraît pas trop parce que ma vache engloutit tout au fur et à mesure. Vous allez me dire « ouin, c’est peut-être pas la meilleure manière de gérer un organisme ». Je suis d’accord. Et je veux bien déléguer à qui sait le faire mieux que moi.

Je devrai bientôt trouver le temps (et l’énergie) de recruter de nouvelles bénévoles. J’avais une super équipe, mais au fil du temps il y a eu des départs — déménagement, arrivée d’un bébé, maladie, retour aux études, etc. — et les postes vacants n’ont pas été pourvus. Communications, administration, organisation d’évènements, transport, gestion des foyers d’accueil et des adoptions. J’ai pas tous les talents, non! Et je sais pas conduire. 

Tout ça pour en venir au fait que mon envie de poursuivre avec la Fondation Po est toujours là, mais que je dois prendre le temps de m’entourer de gens pour en faire un organisme plus solide et mieux organisé. Prendre le temps, mais pas trop : les besoins sont toujours là, les animaux sont toujours traités comme des choses. Et on doit les aider. Mais en équipe, okay?

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Monsieur Gnou veut toujours des câlins. Jamais tanné!

Ma grosse vache

tl;dr : j’ai adopté une vache et je cherche une petite écurie ou fermette à louer. Voir détails au dernier paragraphe.

EDIT : on a trouvé! Ne reste qu’à lancer la campagne de sociofinancement pour trouver notre sanctuaire!

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Elle, c’est Lulubelle, c’est ma vache. Mais c’est surtout la vache de la vache de mon amie Karine, Maggie la vache sauveuse de vies.

J’en parle depuis des années, depuis plus longtemps encore que je dis « ouin, faudrait bin que je m’abonne au gym, han », et là c’est fait : non seulement je me suis abonnée au gym, mais j’ai adopté ma vache. Tout ça dans la même semaine, oui madame. Mais c’est pas de ma mise en forme que je veux te parler.

Ma vache est grosse, que dis-je, géante, c’est la plus belle du monde, pis elle bave comme un déluge biblique dès qu’on sort les bonbons pour vaches. La première fois qu’on s’est rencontrées et qu’on a sorti les bonbons, elle bavait sur la porte de son box, ça faisait des escaliers de bave. Non. C’était plus : l’ascenseur dans The Shining, en bave. Elle sent bon. Son souffle sent le foin sucré. Pareil comme dans mes souvenirs d’enfance, quand je flattais les bœufs du voisin.

On se connaît pas encore beaucoup. Il faut qu’on s’apprivoise. À ses yeux, je suis peut-être douteuse. Après tout, c’est pas tous les humains qui sont gentils avec les vaches. Et dans mon regard de fille de 102 livres, cette vache est géante, intimidante, épeurante, tellement belle. Elle pourrait me tuer si elle le voulait. Je l’aimais déjà avant de la rencontrer.

Ça fait des années que je dis que je veux adopter une vache, parce que leur sort est inacceptable. Je le sais, que je peux pas sauver tout le monde, mais je voulais en sauver au moins une, pour qu’elle puisse connaître une douce retraite. Au moins une. Ça fait des années que je dis que je veux adopter une vache, mais mon amour des bovins ne date pas d’hier. Ma première amie était une génisse.

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Cette petite vache a reçu beaucoup de confidences.

Je crois pas qu’elle ait déjà eu un nom. Et bien que ce laminé est cloué au mur depuis ma tendre enfance, ça m’a pris du temps avant de comprendre que la génisse était morte depuis un ossetie de boutte. Qu’elle n’avait probablement pas atteint l’âge adulte avant de se faire trancher la gorge. Je pourrai jamais savoir beaucoup de choses sur elle, mais elle, elle a tout connu de ma vie de fillette d’un an et demi. Je passais des heures devant cette clôture à lui parler de ma vie, je lui racontais tous les détails plates que personne a la patience d’entendre — ça peut être plate longtemps, la vie d’un bambin. Mon amie génisse restait là, ses oreilles en feuilles de tabac dressées vers moi.

Si j’avais été plus sage, j’aurais attendu avant d’adopter une vache. J’aurais attendu de trouver une place pour elle. J’aurais attendu d’avoir beaucoup d’argent pour être certaine de ne jamais en manquer pour sa nourriture, sa litière et ses soins. Être sage, quand on est une adulte responsable, c’est payer ses soins dentaires avant d’adopter une grosse vache. Mais les décisions que je prends peuvent pas toujours être entièrement rationnelles. Surtout pas quand il est question d’une vie précieuse.

Si j’avais été sage, j’aurais laissé Karine transférer Maggie dans une autre pension sans que son amie Lulubelle ne puisse la suivre, parce que Karine peut pas assumer les frais encourus par deux vaches, et on se serait dit « ouin, c’est plate que les amies vaches soient séparées, mais on peut pas toutes les sauver, hein? », et Maggie aurait pleuré, mais elle aurait eu Karine pour la consoler, tandis que Lulubelle serait restée seule dans son box, sans son amie, sans personne pour la brosser, la gratter et lui dire qu’elle est la plus belle de toutes les grosses vaches. Lulubelle a passé la majeure partie de sa vie seule de son espèce, sur la ferme d’un dude qui prenait même pas la peine de laisser de la nourriture et de l’eau à ses animaux quand il partait en vacances. Elle a côtoyé des chevaux, des chèvres et des oies. Elle pratique activement le vivre-ensemble. Bonne vache. Mais quand Maggie est arrivée dans sa vie, ça a tout changé. Elle avait enfin une amie à qui lécher le toupet. Quelqu’un qui la rassurait. Qui rendait sa vie plus intéressante. Une vie qui vaut la peine d’être vécue, tu comprends?

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Le toupet au vent pour sécher la bave de Lulubelle.

Karine m’a tout raconté ça. Et quand j’ai rencontré les filles, j’ai bien vu qu’elles s’aimaient, que j’avais en face de moi un couple d’amies ou d’amoureuses (who knows?), deux personnes à qui j’aurais pas le courage de dire « on va vous séparer pour la vie, que ça vous plaise ou non, anyway vous êtes juste des vaches, vous n’avez aucun pouvoir décisionnel ». Karine avait aussi remarqué que Lulubelle était très attachée à sa vache, et qu’elle supportait moins bien la solitude. Maggie aussi est attachée à Lulubelle, mais elle est un peu plus indépendante. Karine m’a montré la vidéo de Lulubelle qui pleure dans son box parce qu’elle ne trouve plus Maggie, qui était à ce moment-là dehors, à seulement quelques pas, mais hors de sa vue. Je veux même pas imaginer comment elle aurait pleuré ses veaux si elle avait connu la filière laitière.

La Fondation Po fait équipe avec Karine pour mettre sur pied un sanctuaire pour animaux de ferme. On a un très beau projet à te détailler bientôt. Notre sanctuaire sera le lieu de vie de ses résidentes et résidents non humains, et un lieu de passage pour les humaines et humains avides de faire de vraies rencontres mutuellement enrichissantes. Lulubelle et Maggie en seront les ambassadrices. Elles pourront continuer de brouter et ruminer côte à côte, se donner plus de bisous, et Lulubelle pourra lécher le toupet à Maggie comme s’il n’y avait pas de lendemain. Tu vas voir, sont belles en querisse, nos vaches qui s’aiment. Penses-tu que, sachant tout ça, j’avais envie d’être entièrement raisonnable? Penses-tu que je regrette ma décision immature?

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Mais avant même de trouver ce domaine de rêve pour bâtir notre sanctuaire, il faut qu’on trouve un lieu de vie temporaire.

Peut-être que tu peux nous aider à trouver ce lieu de vie pour nos vaches. On cherche une habitation à louer où Karine pourra vivre pour prendre soin des vaches (petite maison, chalet, appartement, roulotte), idéalement à pas plus d’une heure de Montréal, avec une écurie de deux à six box. fondationpo@gmail.com

EDIT : les filles viennent d’emménager sur une superbe propriété. Elles sont très zen et se bourrent la face d’herbe fraîche. Une gros merci pour votre aide, on vous donne d’autres détails très bientôt!

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Fermeture du service d’adoption

Par manque de ressources humaines et financières, la Fondation Po doit fermer son service d’adoption pour un temps indéterminé. Nous demeurons bien sûr responsables de nos chats en adoption.

Nous en avons cinq, et ils sont tous extraordinaires. Ils ont une histoire, une personnalité unique, et ils ont des qualités et des défauts comme tout le monde.

On vous invite à découvrir Bela Lugosi, Mae West, Gauvin, Loup et Louis-Hélène ici.

Notre processus d’adoption est détaillé ici.

Notre service d’adoption rouvrira seulement quand nous serons meilleures. D’ici là nous restons présentes pour défendre les droits des animaux!  Et nous avons quelques surprises à venir très bientôt…

Merci pour votre soutien constant!

 

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Gauvin, 8 mois

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Louis-Hélène, 1 1/2 ans

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Loup, entre 6 et 9 ans

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Bela Lugosi, 14 ans

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Mae West, +/- 5 ans

Un bon exemple de soif de vivre : Tui raconté aux enfants

L’une des belles histoires vraies

Je me suis vraiment demandé si Tui aimait encore la vie quand il est arrivé au Manoir Po. J’en ai beaucoup parlé avec les vétérinaires et avec le comité d’éthique. J’ai même pensé que l’euthanasie serait peut-être la meilleure option pour lui.

Après quelques jours, il est sorti de sa coquille. On est devenus amis. Puis, sa boiterie s’est atténuée, son pelage est devenu plus beau. Et il mangeait toujours avec appétit.

Sauf dans les derniers jours. Il est devenu un peu constipé, il avait moins faim, et sa démarche semblait aussi raide qu’à son arrivée. Son rendez-vous à DMV arrivait juste à point.

C’est Émilie qui a eu la bonne idée de proposer de consulter en médecine interne, afin d’offrir toutes les chances à Tui d’avoir la meilleure qualité de vie possible. C’est donc hier qu’on a rencontré le Dr Javard, à DMV, pour le faire le point sur l’état de santé de Tui.

C’est pas un cas simple. D’abord, il est vieux (17 ans!), aveugle, et il a le FIV. Il fait de l’arthrose, chose très répandue chez les chats vieillissants, mais qu’on ne devrait jamais négliger, parce que la douleur chronique affecte la qualité de vie de n’importe qui. Il a un problème cardiaque, mais on ne sait pas lequel exactement. Idéalement, on ferait une échographie cardiaque bientôt. Ça coûte quand même 550 $, et j’envisage sérieusement la payer de ma poche puisque Tui n’est pas sous la responsabilité financière de la Fondation Po. Il a des entropions (un renversement de la paupière vers l’intérieur), et ça ne semble pas être une bonne idée de l’opérer pour ça. Par contre, j’hydrate ses yeux avec des gouttes, et on ira peut-être voir un ophtalmologiste. À suivre.

Pour contrôler les douleurs arthrosiques de Tui, on lui donne maintenant de la buprénorphine, et du Cartrophen, un nutraceutique, sous forme d’injection sous-cutanée. Il a eu sa première injection hier, et je lui en donnerai une par semaine durant quatre semaines. Ensuite, il aura une injection par mois s’il répond bien au traitement. On se croise les doigts! On cesse donc le Metacam, qui n’est pas souhaitable à long terme, surtout pour un chat qui a un début de maladie rénale, mais on pourra lui en donner au besoin, s’il a de mauvais jours. Et on ajoute de l’oméga-3 à sa nourriture (l’odeur de poisson a l’air de lui convenir…).

Il continue de prendre de l’aténolol (pour le cœur) et de l’amlodipine (hypertension). Et puisque l’appétit de Tui avait diminué dans les derniers jours, le vétérinaire lui a prescrit de l’oméprazole, pour réduire la sécrétion d’acide gastrique. L’hyperacidité gastrique est l’un des symptômes de la maladie rénale, et ça peut donc entrainer des nausées et une baisse d’appétit. La cerise sur le sundae du traitement (ça se dit-tu?), c’est la mirtazapine. C’est un antidépresseur tricyclique, mais on le prescrit souvent aux chats en tant que stimulant d’appétit (en médecine humaine, on s’en sert aussi dans le traitement de l’anorexie). On lui donne une dose aux deux jours, puis au besoin.

C’est beaucoup, hein? Mais ça marche! Parce que Tui mange comme un cochon, et il a passé la soirée d’hier à charmer mes amis en ronronnant fort et en se frottant la face sur eux. Et je tiens à préciser que ces traitements ne sont pas invasifs. Le seul désagréments qu’ils font subir à Tui, c’est quand je lui shoote 0,12 cc de buprénorphine sur les gencives, et ça dure approximativement trois secondes par jour. Il avale ses comprimés dans son mou.

La question de l’acharnement thérapeutique se pose toujours dans un cas complexe, surtout s’il s’agit d’un vieux chat. Tui ne pourra pas rajeunir et guérir. Par contre, on peut traiter les symptômes pour qu’il ait une bonne qualité de vie. Pour le moment, Tui semble aimer vivre. Il mange à grandes bouchées, il recherche la compagnie des humains, il explore son environnement avec son nez et ses moustaches. Et bien qu’il ait des lits par terre, il aime bien grimper sur le divan ou le fauteuil. Il va dans le bac à litière, il fait sa toilette, et il réagit aux caresses en ronronnant fort et en léchant mes mains et mes bras et en mordillant le zipper de ma veste. Je l’aime, Tui. Et le jour où je sentirai qu’il n’aime plus sa vie, que c’est trop pénible de vivre, je lui offrirai l’euthanasie. Et je vais l’accompagner jusqu’à son dernier souffle de Tui Zombie.

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